Colin Powell primé

Publié le par Shanti

Vous vous souvenez très certainement du merveilleux numéro d'acteur de Colin Powell à l'ONU lorsqu'il démontre, face au monde entier, que l'Irak détient, ou serait en mesure d'avoir rapidement, des armes de destruction massive. Il n'avait pas convaincu grand monde, y compris notre cher Dominique de Villepin qui a obtenu, grâce à son intervention remarquée et remarquable, une stature internationale en s'opposant fermement aux intentions belliqueuses américaines. Ceci a valu à la France d'avoir une très mauvaise réputation au pays de Mc Do et de grosses tensions entre ces deux pays.

Alors que Colin Powell est maintenant un peu plus critique sur le gouvernement Bush, le voilà récompensé par le Prix Alexis de Tocqueville pour son oeuvre "an American Journey". Ecrit en 1995, ce livre raconte sa vision de la guerre du Vietman, alors qu'il était soldat, son statut de général puis de Secrétaire d'Etat. Pour info, je précise que le jury de ce Prix est présidé par Valéry Giscard d'Estaing.

Comme quoi, la France n'est pas vraiment rancunière ... ou alors oublie bien vite que cet homme a été responsable de la guerre en Irak, qui prend des allures de guerre de Vietman 2. Certes, le contexte et les raisons sont différentes mais il y a tout de même un point commun dans l'origine de ces 2 conflits : la CIA.

Pour le Vietnam, la CIA a inventé un soi disant tir de missile ayant visé un navire américain. Ce signe d'agression du régime communiste sur les USA a connu la suite que l'on connait tous. Pour l'Irak, c'est la CIA qui a inventé les preuves de l'existence d'armes de destruction massive.

Pour rappel, cette agence a été créée juste après la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre l'étendue communiste dans les pays de l'Europe de l'Est et en Asie. Elle a d'abord recruté certains cerveaux de l'Allemagne nazie pour ne pas les laisser aux services des Russes. Ses actions ont ensuite été d'installer des dictatures en Amérique du Sud et Amérique Centrale, certaines en Afrique puis a fini en apothéose avec la guerre en Afghanistan en formant et armant les Talibans (dont Ben Laden) contre les Russes. Cette action finale ayant menée à l'explosion de l'URSS ...

Victime de l'effet boomerang, la CIA lutte maintenant contre le terrorisme islamiste international ... en ayant manipulé notamment Colin Powell.
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Publié dans Livres

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L
Bonjour,<br /> J'étais hier à la remise du prix Alexis de Tocqueville, et je m'interrogeais comme vous sur les motivations du choix de Colin Powell comme lauréat. Le jury a bien expliqué que leur décision avait été prise en fonction :<br /> 1. du caractère remarquable  de l'ascension sociale de cette personnalité (qui m'a semblée très sympathique au demeurant), possible seulement en Amérique (Colin Powell est né dans le Bronx de parents immigrés Jamaïcains pauvres). Cela répond à l'idée de Tocqueville selon laquelle le "nouveau monde" permet ce genre d'évolution.<br /> 2. des idées anti-esclavagistes Tocqueville : le général Powell représente la liberté retrouvée des esclaves Noirs, prêts à se battre pour leur pays (il a fait la guerre du Vietnam) tandis que les anti-integrationnistes faisaient à l'époque sauter des bombes aux Etats-Unis.<br /> 3. du contexte actuel : c'est en quelque sorte une main tendue vers les Etats-Unis, qui subissent en ce moment et depuis un certain temps le feu nourri des critiques de la France et des Français (et je ne suis pas la dernière à partager ces critiques). Leur souhait est en quelque sorte de faire passer le mesage :  "n'oublions pas que les Américains nous ont beaucoup apporté et que nous leur avons beaucoup apporté. Attachons-nous à défendre nos valeurs communes de liberté et de démocratie".<br /> Leur choix n'a donc pas grand chose à voir avec les errements des Etats-Unis pendant la guerre en Irak. Il a par ailleurs plusieurs fois été souligné que les relations entre nos deux pays étaient toujours très étroites, mais que l'on pouvait diverger sur certains points, à l'image d'un mariage entre deux personnes ! <br /> Quoi qu'il en soit, les idées du bouquin reprennent cette formidable ascension sociale et indiquent que le général Powell n'oublie pas d'où il vient : il est reconnaissant à sa patrie de lui avoir permis de devenir secrétaire d'Etat. Je pense que nous avons tous des leçons à tirer d'un tel pays, à une époque où les critiques vont tellement bon train...
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S
Il a été récompensé pour son autobiographie, et non pour un roman fictif ... Même s'il doit avoir un style d'écriture remarquable, le jury ne doit pas être si naïf au point d'oublier qu'il récompense aussi, d'une certaine manière, les idées du bouquin. Mais bon, je respecte quand même Colin Powell pour avoir été très critique sur son parcours au sein du gouvernement Bush.
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A
J'ai le même type de réaction que toi mais je me demande s'il ne faut pas distinguer l'homme et l'auteur... Faut-il considérer que le rôle de Powell dans la guerre en Irak a quelque chose à voir avec le prix qu'il a reçu ?
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