Le problème politique

Publié le par Shanti

Chacun aura pu remarquer que nous traversons une crise politique importante. Quand a t-elle commencé ? Y avait-il des signes annonciateurs ? Très difficile à dire si ce n'est la prise en compte du taux d'abstention des Français qui a continuellement chuté, exception faite des dernières élections européennes.
D'ailleurs, les grands partis (PS et UMP) qui ont la majorité des sièges à l'Assemblée Nationale, ont tous deux appelé à voter "OUI" à la constitution européenne mais n'ont pas été suivis lors du vote. Il y a visiblement une rupture.

Je rajoute entre parenthèses que les sympathisants du PS ont demandé, par le vote, à ce que le parti défende la thèse du "OUI". Certains, dont Fabius et Emmanuelli, n'en ont fait qu'à leur tête et ont lancé une campagne du "NON". Ils ont gagné, et maintenant ils demandent à ce que les gouvernants écoutent  logiquement la voix du peuple pour prendre leurs décisions. Ce n'est pourtant pas ce qu'ils ont fait en défendant le NON ... Il y a donc bien un dialogue de sourds.

Je ne referais pas toute l'histoire de la politique, de son évolution et de son adaptatio naux nouveaux médias. Néanmoins, que pouvons-nous constater actuellement ? Qu'il n'y a plus de véritables débats politiques : pas de véritables adversaires pour les hommes politiques lors qu'une émission de débats est diffusée, les questions/réponses sont préparées à l'avance, le discours sent le réchauffé et tourne parfois au démagogisme.

Pour autant, devons nous critiquer la politique ?

Au lieu de répondre par oui ou par non, je ferais un simple constat. Regardons les audiences des débats télévisés et celles des talks shows. Le public se désintéresse des débats au profit du spectacle. Certes, le discours des politiques manque de réalisme et le langage n'est pas toujours adapté, mais le spectateur ne demande pas non plus des émissions qui le poussent à réfléchir. TF1 a parfaitement compris le système et fait tout pour l'entretenir. Les politiciens vont là où ils peuvent toucher le plus grand nombre et vont chez Ardisson, Drucker et Fogiel. A part Ardisson qui pose des questions vraiment pertinentes et qui laisse le temps à l'invité de répondre, le discours politique s'appauvrit et le citoyen est aussi responsable de ça.

Le politique a peut être fait évoluer sa manière de communiquer pour éviter d'être mis en danger sur des questions de fond mais le spectateur a participé à l'absence de véritables débats.

La question est donc posée : comment restaurer le véritable débat et comment intéresser les citoyens pour cela ?
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Z
"Chacun aura pu remarquer que nous traversons une crise politique importante. Quand a t-elle commencé ?" <br /> Déjà sous la III ème,ainsi que la IVème république , alors que la TV au début n'existait pas puis n'avait pas la force actuelle,les cabinets ministériels se succédaient sans "véritable débat de fond " ,et ce régime des partis s'occupaient plus des combinaisons possibles entre les forces en présence que des aspirations des électeurs
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S
Effectivement, nous sommes tombés dans un mélange où les politiques ont d'abord joué sur leur image avant de structurer leurs discours. Cette volonté politique, dont le but est d'échapper au véritable débat de fond qui néceessite de mettre son ego de côté (mais est-ce vraiment incompatible ?!) est aussi très bien entretenu par le spectateur-citoyen.<br /> <br /> Si l'audience des émissions politiques était plus importante et si les gens votaient pour des gens qui ont un véritable discours, on n'en serait sans doute pas là non plus ...<br /> <br /> ;-)
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A
OUF IL EST LA ! :)
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A
aaaah seb j'ai posté un très long commentaire dont j'étais très content où est-il ????
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A
On se désintéresse de la politique parce qu'elle est inintéressante. Le seul intérêt de la politique (pour ceux qui s'y intéressent) est, en exagérant à peine, celui des enjeux de pouvoir. C'est à dire la politique spectacle. Quand on regarde la politique c'est pour savoir si Sarko va bouffer Fabius ou si Le Pen aura une plus grande gueule que Jack Lang.<br /> <br /> A la base de cela, il y a un terrible manque de crédibilité qui est dû pour partie aux volte-faces des politiques (type Chirac ou Fabius et avant eux Mitterrand), pour partie à l'absence de résultats des politiques pour l'enjeu n°1 en France : l'emploi.<br /> <br /> La raison de l'échec de ce dernier point est très simple : les politiques n'ont pas, contrairement à ce qu'ils disent, le pouvoir d'apporter la croissance qui résoudrait le problème du chômage. Le seul autre levier possible est celui de la flexibilité du marché du travail qui est tabou, seul Villepin l'a attaqué avec le CNE.<br /> <br /> Il faut dire et redire l'impuissance politique sur la chose économique. Les pouvoirs économiques ont été abandonnés dans le grand réseau du capitalisme libéral, et il est devenu impossible de faire machine arrière. <br /> <br /> Le politique peut agir sur la "société" par opposition à l'économique, et il pourrait regagner sa crédibilité en abandonnant la langue de bois et en admettant les limites de son action. C'est une chose que Borloo fait bien. Mais comme le disait Pierre Lellouche sur Canal Plus il y a quelques semaines, "les gens n'aiment pas qu'on leur dise la vérité". <br /> <br /> Le problème est aussi là : on aura davantage envie de voter pour un démagogue plein de promesses que pour un réaliste pessimiste. Pourtant c'est le deuxième qui est le plus honnête des deux.<br /> <br /> Je n'ai pas lu le bouquin de Rocard mais je crois qu'il rend amer tous ceux qui rêvaient d'une politique au service des gens et non d'une politique paillette. La victoire de Mitterrand sur Rocard a été un amer signal. Il manque sans doute un grand homme d'Etat. C'est la thèse du patron de Publicis (sarkozien), Christophe Lambert. <br /> <br /> Mon espoir est le suivant: que trop de démagogie finisse par tuer la démagogie. Que l'on finisse par voter pour l'honnêteté intellectuelle et non pour le rêve. Même si rêver est plus que jamais nécessaire.
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