J'étais contre le CPE mais ....
Nous assistons à un grand moment de manipulations politico-médiatiques.
Aujourd'hui, dans le Journal du Dimanche, Dominique de Villepin s'explique sur le CPE. Il dit avoir compris la crise profonde des jeunes de banlieue suite aux nombreux incidents de Novembre dernier. En réponse à la grave crise sociale, aux problèmes du chômage, il a tenu à prendre des mesures rapides pour aider à une meilleure insertion des jeunes sur le marché du travail. D'où la création du CPE.
A ce moment, 68% des Français sont pour le CPE.
il n'empêche que dans sa précipitation, il en oublie de discuter avec les partenaires sociaux, les étudiants, fait appliquer le texte au Parlement en usant du 49-3, refuse de reculer sur quoi que ce soit et plonge la France dans un chaos généralisé.
De leur côté, les syndicats de salariés et les représentants des étudiants critiquent deux points majeurs :
- inutilité d'une période d'essai de 2 ans,
- nécessité de justifier la rupture du contrat pendant la période d'essai.
Petit à petit, la colère gronde. Face à l'entêtement du Gouvernement, les manifestations grossissent. Les médias montrent des jeunes en colère, les facs puis les lycées bloqués. Ensuite, ce sont les voies ferrées qui sont prises d'assaut (comme si les passagers n'en avaient pas assez avec les grêves de la SNCF et RATP), les boulevards, les périphériques, etc.
Pendant ce temps, les responsables syndicaux et étudiants négocient entre têtes pensantes sur les actions à mener, sur la manière de manipuler le Gouvernement et les médias. Et aussi sur la manière d'attirer encore plus de monde. Quitte à parler directement avec des hommes politiques pour prendre la température et chopper 2-3 conseils aux passages. Le très médiatique Bruno Juliard (de l'UNEF) l'a avoué lui même.
Les manifestations ne sont plus uniquement axées sur le CPE, c'est un rapport de force qui est en train d'opérer. Alors quand le Gouvernement décide de faire une mini marche arrière en disant : "OK, on négocie sur la durée de la période d'essai et sur le motif du licenciement.", il est déjà trop tard pour faire marche arrière. Les syndicats ne peuvent pas accepter. C'est le retrait du CPE ou le chaos. Pas de négocaitions sans retrait.
Mais négocier quoi ? Une période d'essai plus courte (1 an par exemple) et la nécesité d'un motif pour licencier ? Maintenant ils l'ont.
Et alors que Chirac aurait pu jouer fin, pour une fois, il met les deux pieds dans le plat (de tête de veau) : je promulgue la loi mais je la suspend pour en faire une nouvelle. là, c'est donner du pain béni pour les manifestants.
Et voilà, que sorti de nul part, le PS montre sa tête. "Tiens tiens, il y a moyen de se faire une bonne image en disant que l'on est avc les manifestants. Avec un peu de chance, on peut gagner les prochaines présidentielles."
Donc maintenant, que va-t-il se passer ? Entre l'entêtement politique du Gouvernement, Sarko qui veut essayer de tirer son épingle du jeu, les syndicats qui ne veulent pas perdre la face et le PS qui veut faire dans la récupération politique, nous sommes dans une impasse.
Qui prendra le risque de faire un pas vers l'autre ?
Et pour finir, les sondages montrent un total renversement de la tendance : 68 % des français sont contre le CPE.
EDIT : J'étais contre le CPE mais .. il serait temps d'accepter les modifications proposées, de négocier d'autres points si nécessaires, et d'arrêter ce dialogue de sourds.
Manifester ou proposer des lois n'empêche pas d'être intelligent et de prendre le risque de reculer en acceptant (pour le Gouvernement) de garder un certain niveau de protection du salarié et (pour les syndicats) de tenter l'aventure du CPE en étant vigilant sur des dérives.
Aujourd'hui, dans le Journal du Dimanche, Dominique de Villepin s'explique sur le CPE. Il dit avoir compris la crise profonde des jeunes de banlieue suite aux nombreux incidents de Novembre dernier. En réponse à la grave crise sociale, aux problèmes du chômage, il a tenu à prendre des mesures rapides pour aider à une meilleure insertion des jeunes sur le marché du travail. D'où la création du CPE.
A ce moment, 68% des Français sont pour le CPE.
il n'empêche que dans sa précipitation, il en oublie de discuter avec les partenaires sociaux, les étudiants, fait appliquer le texte au Parlement en usant du 49-3, refuse de reculer sur quoi que ce soit et plonge la France dans un chaos généralisé.
De leur côté, les syndicats de salariés et les représentants des étudiants critiquent deux points majeurs :
- inutilité d'une période d'essai de 2 ans,
- nécessité de justifier la rupture du contrat pendant la période d'essai.
Petit à petit, la colère gronde. Face à l'entêtement du Gouvernement, les manifestations grossissent. Les médias montrent des jeunes en colère, les facs puis les lycées bloqués. Ensuite, ce sont les voies ferrées qui sont prises d'assaut (comme si les passagers n'en avaient pas assez avec les grêves de la SNCF et RATP), les boulevards, les périphériques, etc.
Pendant ce temps, les responsables syndicaux et étudiants négocient entre têtes pensantes sur les actions à mener, sur la manière de manipuler le Gouvernement et les médias. Et aussi sur la manière d'attirer encore plus de monde. Quitte à parler directement avec des hommes politiques pour prendre la température et chopper 2-3 conseils aux passages. Le très médiatique Bruno Juliard (de l'UNEF) l'a avoué lui même.
Les manifestations ne sont plus uniquement axées sur le CPE, c'est un rapport de force qui est en train d'opérer. Alors quand le Gouvernement décide de faire une mini marche arrière en disant : "OK, on négocie sur la durée de la période d'essai et sur le motif du licenciement.", il est déjà trop tard pour faire marche arrière. Les syndicats ne peuvent pas accepter. C'est le retrait du CPE ou le chaos. Pas de négocaitions sans retrait.
Mais négocier quoi ? Une période d'essai plus courte (1 an par exemple) et la nécesité d'un motif pour licencier ? Maintenant ils l'ont.
Et alors que Chirac aurait pu jouer fin, pour une fois, il met les deux pieds dans le plat (de tête de veau) : je promulgue la loi mais je la suspend pour en faire une nouvelle. là, c'est donner du pain béni pour les manifestants.
Et voilà, que sorti de nul part, le PS montre sa tête. "Tiens tiens, il y a moyen de se faire une bonne image en disant que l'on est avc les manifestants. Avec un peu de chance, on peut gagner les prochaines présidentielles."
Donc maintenant, que va-t-il se passer ? Entre l'entêtement politique du Gouvernement, Sarko qui veut essayer de tirer son épingle du jeu, les syndicats qui ne veulent pas perdre la face et le PS qui veut faire dans la récupération politique, nous sommes dans une impasse.
Qui prendra le risque de faire un pas vers l'autre ?
Et pour finir, les sondages montrent un total renversement de la tendance : 68 % des français sont contre le CPE.
EDIT : J'étais contre le CPE mais .. il serait temps d'accepter les modifications proposées, de négocier d'autres points si nécessaires, et d'arrêter ce dialogue de sourds.
Manifester ou proposer des lois n'empêche pas d'être intelligent et de prendre le risque de reculer en acceptant (pour le Gouvernement) de garder un certain niveau de protection du salarié et (pour les syndicats) de tenter l'aventure du CPE en étant vigilant sur des dérives.
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