Enfin la paix au Pays Basque ?

Publié le par Shanti


Le Pays basque retient son souffle : 2006 sera-t-il l'année de la fin de l'ETA ? Depuis trente mois, l'affaiblissement opérationnel et politique de l'organisation, sous les coups des forces de sécurité, a fait naître des espérances. Le président socialiste du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, qui s'est dit prêt à dialoguer si l'ETA renonce à la violence, a obtenu le soutien de la majorité des députés. L'espoir a commencé à croître dans la société basque.

"L'amélioration est claire en ce qui concerne l'insécurité, sans toutefois de changement radical", témoigne Francisco Llera, responsable à l'Université du Pays basque de l'Euskobarometro, qui mesure depuis dix ans les attentes et les craintes des 2 millions d'habitants. Selon la dernière série de questionnaires, la violence et le terrorisme ne viennent plus qu'au quatrième rang des préoccupations des citoyens. "On le sent dans la rue. Les gens ont l'espoir que cela se termine. Ce qui oblige les politiques à être à la hauteur", observe Patxi Lopez, secrétaire général du Parti socialiste d'Euskadi.

"Les politiques" désignent aussi Batasuna, la vitrine de l'ETA. Depuis son interdiction en 2002, pour son refus de condamner les attentats, la coalition a perdu des forces et de sa capacité de mobilisation. Privée des mairies qu'elle dirigeait, délestée des organisations — elles aussi interdites — qui lui servaient de relais, Batasuna serait aujourd'hui la première intéressée par la fin de la violence. "A la limite, l'ETA peut continuer à végéter comme cela, mais, pour Batasuna, c'est une question de vie ou de mort. Ils n'ont plus aucun pouvoir", argumente un bon connaisseur de ce monde.

Il y a un an, la formation radicale s'est dite prête à s'engager dans un processus de sortie de la violence. Elle aurait pour objectif d'obtenir la levée de son interdiction afin de se présenter aux élections municipales de 2007 et de rétablir son implantation. Or, pour cela, soit elle doit condamner la violence — ce qu'elle n'a jamais fait —, soit il faut que celle-ci disparaisse à la suite d'une trêve annoncée par l'ETA. Les espoirs d'apaisement se fondent, entre autres, sur l'hypothèse que Batasuna a une capacité d'entraînement sur l'ETA affaiblie — ce qui reste à démontrer — et qu'elle a l'intention de l'exercer.

Les représentants du nationalisme radical ne dissimulent pas l'intérêt qu'ils portent à la sortie de la violence. "Tout le monde est très conscient des risques (du processus), affirme Joseba Alvarez, responsable des relations internationales de Batasuna, mais tout le monde est aussi très conscient des avantages, Zapatero le premier, pour sa réélection. Si ça ne marche pas, son avenir n'est plus aussi sûr, et notre avenir à nous, c'est certainement la prison. On en a déjà fait avant, on le refera. Cela fait quarante ans que cela dure. Mais on le sent bien : la rupture serait intolérable."

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Publié dans Actualités

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